500 mètres, c'est l'histoire d'un homme et d'un enfant qui parcourent
chaque matin la distance entre un appartement et une garderie.
500 mètres, c'est la discrétisation d'un chemin continu, une collection
d'images non choisies mais qui, jour après jour, ont su s'imposer
au point de rendre la passage à l'acte, la prise de vue, inévitable.
Ici la blessure du béton, les coulures rouilles de la terre qui pleure,
les pigments de peinture agglomérés sur la tôle ondulée; là le bois
fatigué caressé par une herbe mourante, les corps emmêlés d'une
tuyauterie compliquée.
500 mètres, c'est la mémoire en creux d'une main dans une autre main,
parfois aussi, lorsque le soleil trop fort épuise l'organisme encore
jeune, le souvenir d'une joue mal rasée sur une peau de bébé.
500 mètres, ou les traces partagées par un père et son fils.